Famille malgache et nappe à carreau
Une famille de la grande ile
Transport de l’eau indispensable par les enfants
Visite de nos sites par des membres

Compte rendu de Antoine Faucheur voyage Tana /site A2M/Tana

REUNION chez Mr YVESNote au lecteur : Ce simple récit à pour but de retracer volontairement les évènements vus et ressentis, ainsi que les réactions authentiques des interviewés, tout cela, dans son jus d’origine. C’est du brut de coffrage. Pardonnez mes éventuelles fautes sur les noms des sites. Mon carnet de notes est rouge de latérite, et j’ai du mal à me relire, car il fallait parfois écrire vite et bien.

Dominique, Philippe et bien d’autres connaissent déjà très bien ce voyage. Je le réalisai pour la 1° fois à la demande de Dominique, sans savoir ce qui m’attendait. Je suis parti la fleur au fusil avec HAJA, notre technicien, qui supervise toutes nos activités sur Zones. HAJA (super sympa) m’attendait ce 18/5/15 à 5.00 a-m, devant le Sakamanga à Tana, direction la gare routière située non loin de la route des Hydrocarbures.

Le taxi B mettra +/- 10 heures pour rejoindre les sites A2M, direction TAMATAVE, à l’est, où la route est magnifique, serpente. Nous croisons énormément de camions citerne et de containers 40 pieds surtout, qui viennent approvisionner Tana et le reste du pays. Nous bifurquons plein Nord au croisement de MORAMANGA, là les pistes nous attendent de pied ferme jusqu’à notre arrivée 8h00 plus tard.

Sœur Marcelline (qui rend compte à Sœur Viviane) nous accueille sur le site du dispensaire d’AMBOHITRARIVO, et je la questionne pour faire un point des situations en cours :

-        Le puits réalisé par Pierre fonctionne bien.

-        Le panneau solaire est protégé depuis 2013 par un grillage (à cause des voleurs) fonctionne jusque 22h. Les batteries chinoises ne sont pas de très bonne qualité, et devraient pouvoir être remplacées.

-         Le frigo n’est pas assez grand, et d’ailleurs, il ne marche plus…

-        Le château d’eau ne peut être correctement nettoyé, car il n’y a pas d’ouverture en bas, pour le permettre. Le système de nettoyage ne se fait que par la vanne. L’eau est un peu boueuse.

Voilà, pour le petit cahier de doléances.

Sœur Marcelline nous présente ensuite la construction de la nouvelle école, qui comportera 5 classes pour +/- 180 élèves. L’une d’entre elle est déjà opérationnelle. Max Aimé, maitre d’œuvre, supervise la construction. J’obtiens l’autorisation de faire 1 film, et je suis ému de l’immense politesse des enfants, qui se lèvent à mon entrée dans la classe, au son d’un « Bonjour Monsieur » de concert absolu, dans des voix de cristal. Une boule me monte déjà à la gorge. Je fais un 1° film.

Un peu plus tard à mon départ de cette école, les Enfants me chantent un merveilleux « Alléluia ». 2° coup d’émotion.. Je fais un 2° film.

Ensuite, vers 18h départ pour IMERIMANDROSO, avec HAJA et JUMESA (prononcer JAMES), vraiment chouette avec ses airs de cow boy, dû à la présence de son chapeau de paille idoine, et sa fine moustache qui lui donne des airs de comédien de film de western.
JAMES est aide-soignant au Dispensaire de  Sœur VIVIANE, le matin, cultivateur, l’après-midi et chauffeur de rallye à ses moments, connait parfaitement les routes, shoote volontiers les chiens errants qui détalent en couinant, surtout de nuit.

Après 1 h de route à fond de balle sur la piste, et 50kms plus tard, nous arrivons au dispensaire géré par Sœur Viviane, qui m’accueille avec un sourire éclatant de rire d’ailleurs. Ce qui est un accueil plutôt sympathique.

Après un bon diner avec les Sœurs, et une bonne nuit réparatrice, le lendemain matin 19/05, le cycle des visites des fermes collectives des phases 1 & 2 va s’enchainer bon train jusque dans l’après-midi.

L’on me demande de venir car les enfants sont prêts dans la cour près des salles de classe. Je m’attendais à un départ vers ces cours justement, d’environ 200 enfants (si ma mémoire ne me fait pas défaut). L’on me demande de venir sur une estrade, et immédiatement, les 200 enfants entonnent une formidable chanson, en ondulant à la Malgache, voix de cristal, sans une faute, et le choc de ces voix géniales violente  ma tête qui tourne immédiatement.
Je me ressaisis, respire un bon coup, attrape mon appareil photo, descend de l’estrade, et filme, filme, pour ne rien perdre, car cet évènement est unique. Je dois faire diversion, sinon mon émotion va me rattraper.
Je reviens ensuite sur l’estrade, et 2 enfants prennent le micro pour me remercier de m’être déplacé jusqu’à eux, de tout ce qu’A2M a fait, et fait pour eux. Je suis bouleversé, au bord des larmes.
Sœur Viviane me tend le micro, et tout ce que mon cœur possède de mieux explique tout de suite que la formidable équipe d’A2M n’a jamais ménagé ses efforts pour leur apporter un gros bout de bonheur, mais je suis rapidement terrassé par l’émotion, et je craque. Mes larmes suivent mes paroles durant quelques instants, je n’arrive plus à parler,  je pense très fort à Isabelle, et cela me donne le courage pour finir mon discours improvisé.
Tout autant que les Sœurs, les enfants sont restés d’une grande discrétion devant mon émotion.

Bon, il est temps de partir avec mon cow boy de chauffeur et HAJA, direction le village d’AMPIEDIAKOFA, sujet de la 2° phase.
A mon entrée dans le village, je suis immédiatement frappé par l’extrême propreté des 30 maisons, le bonheur qui se lit sur le visage des habitant(e)s et des enfants et de la relative docilité des poulets bicyclette..
HAJA et JAMES me présentent Monsieur YVES, le Président de l’Association des Familles. C’est très protocolaire, et tout évènement (discussions familiales, mariages, etc…) se déroule dans la salle de réunions construite par A2M (via Pierre) lors du lancement de la phase 2.
Nous y sommes une dizaine, et la réunion peut commencer.
Là aussi, Monsieur YVES remercie chaleureusement A2M, et surtout d’avoir pu les faire passer du stade de personnes démunies à celui des agriculteurs responsables de la gestion de leur production.
Les 300 personnes qui composent cette Association ont été considérablement gênées par le récent débordement du lac Alaotra proche (le + grand de la Grande Ile), pour leurs rizières en plaine, tout autant que celles situées en collines, à cause des récentes pluies diluviennes.
Cette perte globale est estimée à 60%..
C’est là, ou nous pouvons voir les résultats de leur formation dans notre action, car pour pallier à ce problème, ils ont fait d’autres cultures pour récupérer les pertes, car la baisse de production est importante.
Ils cherchent une autre issue en essayent de développer l’agriculture maraichère (pommes de terre, légumes), et aussi le développement … avicole.
Ils sont devenus complètement autonomes, et cela était le but d’A2M dans cette phase.
Monsieur Yves ajoute aussi, qu’avant la présence d’A2M et de son action, les familles étaient souvent en conflit, et grâce à notre action de formation (HAJA) et notre aide, ces conflits ont pu s’apaiser.
Une demande très importante des 300 villageois, par la voix de son Président, est de pouvoir réhabiliter le puits, car il ne donne pas la production d’eau nécessaire comparé aux besoins. Il est impératif de devoir installer une nouvelle pompe dans les meilleurs délais.

Nous partons ensuite pour le village d’AMBOHIJANAHARIKELY, sujet de la 1° phase en 2010, et j’ai vraiment l’impression d’arriver plus qu’au bout du monde.
Nous sommes reçus par Monsieur DAKEL, le président de l’Association des 4 Familles dans la traditionnelle salle de réunions construite par A2m.
Monsieur DAKEL est de mauvaise humeur, car on lui a volé du riz hier.
Il me précise que la location des terres auprès des propriétaires se paye en nature.
Monsieur DAKEL m’explique que sa communauté gère tellement bien son activité, qu’il peut donner des semences à d’autres personnes à conditions que ces derniers soient capables de faire preuve d’autonomie à leur tour.
La communauté conserve maintenant du maïs en prévision des prochaines cultures.
16 enfants présents dans la communauté sont scolarisés de la maternelle à la classe de 3°.
De France, j’avais entendu parler du fameux poulailler, et sur place une jolie petite maisonnée avec 2 très petites portes, 2 fenêtres à barreaux de bois horizontaux, le tout réalisé et financé par Mme BERTINE, après que son mari se soit lâchement barré, la laissant avec 6 enfants.
Dans le cadre de cette phase 1, sensibilisé par la situation de Madame BERTINE, A2M lui donne en gestion 30 poulets « gas » dans le cadre d’une AGR (activités génératrices de revenus)
Elle a tellement de courage, gère tellement bien sa micro-activité à travers le cahier de suivi de gestion des 30 poules, qu’elle me présente, qu’elle a déjà remboursé 10 poules en 2 ans, et dont elle est fière d’être propriétaire aujourd’hui.
Elle vit de son poulailler, et peut aussi financer la scolarité de 3 de ses 6 enfants.
Là aussi, je suis subitement tellement ému par cette situation, que je craque seul dans mon coin. HAJA me dira + tard que je n’ai pas été le seul de A2M à avoir une telle réaction devant Madame BERTINE.
Au moment de quitter le village d AMBOHIJANAHARIKELY, Monsieur DAKEL me fait don d’un coq qui finira ce soir dans nos assiettes chez les Sœurs. Je ne peux ni protester ni refuser un tel cadeau, tant ce serait une offense à leur égard. J’ai d’autant + la rage, car  ils ont besoin de ce coq. Monsieur DAKIEL m’achève lorsqu’il me dit que ce modeste présent n’est rien comparativement à ce qu’A2M a fait pour leur Communauté.

Nous nous dirigeons ensuite au village de MARIAMANJAKA, objet de la phase 3 en 2013. La Communauté compte 4 couples pour 20 personnes au total.
Les principales ressources du village sont le riz, le maïs, et l’arachide.
Les Sœurs y habitent, et elles sont propriétaires des terres depuis la Colonisation déjà, grâce à un bornage et des titres de propriété inaliénables, même depuis la 1° République Malagasy.
Les habitants de MARIAMANJAKA n’ont pas eu à souffrir des récentes inondations du lac ALAOTRA, car les cultures du riz sont situées en hauteur.
Au départ, les 4 familles possédaient 4 zébus, dont 2 sont morts selon la rumeur. Facile à dire. Ils ont disparu, mais où ?? La réponse semble « Fady » (sacré).
Ensuite, nous parlons du puits, et selon JUMESA, il ne donne pas assez d’eau malgré ses 37 m. de profondeur.
Il faudrait en creuser un autre, car pour l’instant les villageois sont obligés d’aller chercher l’eau à environ 300 à 500m. vers l’ouest. Un budget a été voté pour démarrer les travaux mais en attente de devis d’exécution.
Pour les enfants, il existe une école publique très proche du village.

Le reste de l’après-midi du 20/05 se passe à une courte visite sur les berges du lac ALAOTRA, et ensuite retour à IMERIMANDROSO.
Il fait presque noir. Le diner se passe vite, et je retrouve ma chambre, son cafard, son scolopendre, et je me couche à 20h, car départ à 2h30 pour AMBOHITRARIVO, pour attraper la connexion de 4h15 pour Tana, où j’arrive à 14h00.
11h30 de porte à porte.

Antoine, en direct du Saka, 5.00 p-m le 21/05.

HAJA

JUMESA James

POULAILLER de Mme BERTINE